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Élections présidentielles françaises : 1er tour

Nicolas Bourgois

© www.rue89.com

Ce dimanche 22 avril a eu lieu le premier tour des élections présidentielles françaises. Le scrutin a réuni pas moins de quarante millions d’électeurs qui ont participé massivement (80 % de participation) au choix des candidats pour le second tour. Ce dernier se déroulera le 6 mai prochain.

Les résultats placent le président actuel, Nicolas Sarkozy, deuxième avec 27,08 % des voix, juste derrière son rival du Parti socialiste, Francois Hollande, et ses 28,63 %. Il semble que la gauche française soit sur le point de prendre le pouvoir, ce qui n’était pas arrivé depuis l’élection de François Mitterrand en 1981 (réélu ensuite en 1988). Mais la plus grande surprise de cette élection est sans nul doute l’arrivée en troisième position, avec 18 %, de Marine Le Pen, candidate du parti Front national, nationaliste et anti-libéral.

On se souviendra qu’en 2002 (élection du 21 avril, date devenue synonyme de catastrophe pour la démocratie en France), c’est le père de la candidate qui avait fait trembler les bases de la République en arrivant au second tour avec 16 %, ce qui avait permis à Jacques Chirac d’être élu comme défenseur de la République avec 82 %.

La quatrième place est occupée par Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche, jeune parti pro-européen, anti-libéral et d’inspiration communiste. Avec 11 %, son score est en-dessous des attentes, après plusieurs semaines de meetings en plein air et un discours antifasciste visant clairement le parti de Marine Le Pen. C’est donc avec une réelle déception que le Front de Gauche s’est vu passer sous les 15 % tant attendus et a assisté à la victoire dans les urnes du parti idéologiquement adverse.

Clôturant les scores des grands candidats, Francois Bayrou, n’obtient que 8 %. C’est une véritable défaite pour l’homme ayant été l’arbitre de l’élection de Nicolas Sarkozy (en 2007, Bayrou obtint 16 % des votes) et pour le Mouvement démocrate, son parti centriste. À croire que depuis Valérie Giscard d’Éstain (VGE), le Centre politique en France n’arrive plus à exister.

Les autres candidats obtiennent tous moins de 5 %, ce qui risque de les mettre en difficulté financièrement1. Ce dernier point risque fort de tuer le parti Vert, dont la campagne fut un authentique désastre médiatique, ce qui leur vaut un bien maigre 2 %.

Ce qu’il faut retenir de ce premier tour est très certainement le fait que ce vote est le reflet du contexte de crise. L’Europe est dans une période d’instabilité grave qui explique que dans de nombreux pays, le vote extrémiste ait tendance à monter (surtout aux Pays-Bas, en Hongrie, en Pologne ou en Italie, etc.). Si on additionne les voix attachées aux partis se réclamant ouvertement opposés à la mondialisation libérale, on obtient à la fois un couple paradoxal (Front de Gauche + Front national + autres partis d’obédience soit communistes soit nationalistes) et un score tournant autour de 30-33 % d’électeurs reprochant directement au système financier ses problèmes de la vie courante.

1En France, l’État rembourse les frais de campagne pourvu que le candidat obtienne plus de 5 % des suffrages.


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