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Course à la chefferie d’Option nationale : le point de vue de Sol Zanetti

© Maximilien Dzikonski (Le Démagogue)

© Maximilien Dzikonski (Le Démagogue)

 

Dans le cadre de la course à la direction d’Option nationale, nous avons pris l’initiative d’interviewer les candidats, au nombre de deux depuis le désistement de monsieur Jean-Claude St-André samedi dernier, afin de questionner ceux-ci concernant leurs impressions sur le déroulement de ladite course jusqu’à maintenant. Sol Zanetti a accepté de nous rencontrer mardi dernier juste avant le débat dans Rosemont, vêtu de son habituel habit veston-souliers rouges à lacets blancs. Court résumé d’une rencontre fort intéressante.

Pour Sol Zanetti, après environ 6 semaines, la course semble très bien se dérouler jusqu’à maintenant. Le fait d’avoir dû amasser plus de 200 signatures de plusieurs régions différentes et 1500$ de dons afin de valider sa candidature lui a permis de faire de belles rencontres de l’Abitibi à Rimouski, en passant par Chicoutimi, Sherbrooke, Boucherville et Montréal  : Ça a été un défi de taille, mais on l’a vraiment réalisé avec succès, et ça nous a donné l’occasion en plus (…) de voir des membres d’un peu partout, qui étaient vraiment contents, des membres qui voient rarement des membres d’Option nationale à part de leur région, à part pour le congrès (…). On a même ramassé plus de 280 signatures (…). Tout reposait sur la qualité des équipes. Ramasser 200 signatures, tu y arrives si tu as une bonne équipe. Tout le monde y est arrivé, tout le monde avait une bonne équipe.

Lorsque nous lui demandons s’il considère avoir eu une longueur d’avance sur les autres candidats à un moment ou un autre de la course, il nous répond avoir été mis sur la ligne de départ avant les autres, faisant référence à la sortie de Catherine Dorion, dans La Presse du 25 juillet, qui avait annoncé ne pas avoir l’intention de se présenter dans la course et lui donner cependant tout son appui. Ça s’est fait rapidement (…). Je pense aussi que ça a suscité de l’intérêt pour la course et que ça a fait en sorte que les gens se sont dit « là, il faudrait y aller, parce que ça va commencer bientôt ». On a un peu parti le bal.

Depuis cet événement, monsieur Zanetti dit par contre n’avoir aucune idée à savoir s’il possède une avance dans les intentions de vote. Mon vidéo a été le plus vu par exemple, ça je suis content. Mais à part la question du vidéo, je sais que Nic Payne a beaucoup d’appuis à Montréal, beaucoup, et c’est à Montréal qu’il y a le plus de membres. Je sais aussi que les partisans de Saint-André, même s’il a dit qu’il se rallierait à moi, c’est pas nécessairement automatique (…). C’est dur à évaluer, je reste prudent dans l’évaluation de mes chances et je vais m’arranger pour continuer à mener une bonne campagne, comme au début. Il se réjouit au passage des 2000 électeurs ayant pu s’inscrire sur la liste électorale, nombre qu’il attribue au mode de votation, qui se fera par la poste.

Qu’en est-il de sa réaction face au désistement de Jean-Claude St-André de la course?  J’ai comme figé. J’étais tellement surpris (…). J’ai regardé Nic (…). C’était une surprise, je ne voyais pas ça venir du tout, vraiment. Je pense que la raison pour laquelle il a appuyé ma candidature, c’est à cause de nos positions plus similaires sur l’article 1, le mode d’accession à l’indépendance, je pense que c’est ça qui a été l’élément disons décisif.

Et que pense-t-il du fait que monsieur St-André ait invité les membres à voter pour un autre candidat, en l’occurrence lui? Trouve-t-il cela trop directif?  Je suis content, c’est sûr que je lui ai écrit le lendemain pour le remercier de sa confiance (…).  J’espère que les partisans de St-André vont voter pour moi, c’est sûr, mais je ne prends pas leur vote pour acquis, parce que je sais qu’il n’y a pas seulement l’article 1 qui importe, je pense, pour un chef de parti. Je considère que leur appui est à gagner. Il reste 3 semaines et demi disons, mon objectif pour le reste de la campagne, c’est de démontrer (…) à tous les indécis qui restent aussi que je peux être la personne qui va donner une impulsion à Option nationale.

En quoi ce départ change-t-il la dynamique dans la course? Passer de 3 candidats à 2 candidats, ça amène une dynamique qui risque de créer plus (…) d’antagonisme, de tensions peut-être, parce qu’il y a vraiment juste une autre personne et qu’il faut se distinguer d’une seule autre personne, donc c’est moins « mollo » qu’une dynamique à trois. Mais je pense que Nic et moi on se connait bien, on se côtoie sur le Conseil National depuis un bout déjà, et il y a entre nous une amitié qui fait que ça va rester très décent et ça ne va pas diviser le parti je pense, je suis assez confiant de ça.

Convaincre plutôt que séduire l’électorat

Nous avons demandé au candidat ce qu’il pensait apporter de nouveau à la politique. Il est d’avis qu’il s’agit de ce qu’Option nationale même apporte de nouveau : une démarche décomplexée, fonceuse et audacieuse, une démarche qui vise à convaincre l’électorat avec des idées, de le conquérir, plutôt que de le séduire en lui faisant entendre ce qu’il pense vouloir entendre. (…)  ce n’est pas nouveau, l’audace, la franchise, l’authenticité, la droiture, ce n’est pas nouveau, mais ça fait longtemps qu’il y a un marasme à ce niveau-là au Québec en ce moment; je pense que c’est cyclique ces affaires-là, les crises éthiques dans la politique d’un pays. Il y a de grandes époques. (parlant de la Révolution Tranquille) C’est des grands moments de la politique (…). Là (…), ça s’est enlisé dans un marasme tellement déprimant, qui donne une image de la politique qui est … qui est méprisable. C’est pour ça que les gens n’ont pas envie d’en faire et ne font plus confiance à personne. Mais je pense qu’avec Option nationale, on peut ramener ça, cette idée que nous on est là pour des idées et on veut convaincre les gens, on n’est pas là pour les séduire avec (…) ce qu’ils pensent vouloir.

Réveiller le courage

Pourquoi réveiller le courage? D’où vient ce slogan? Pour Sol Zanetti (et pour d’autres aussi), le courage, c’est le fait de ne pas reculer devant la peur, mais plutôt de la surpasser. Ainsi, le peuple québécois doit dépasser sa peur d’une incertitude qui est en partie inhérente au projet de bâtir un pays. (…) tout ne se calcule pas et ne se prévoit pas, et pour ça, c’est indispensable non seulement de rassurer (défaire les fausses idées, par exemple), mais aussi de réveiller le courage, c’est-à-dire de réveiller le désir, le désir des gens de malgré disons la peur et les incertitudes de se lancer vers cet idéal-là, qui est une bonne chose (…). Quand monsieur Parizeau, au dernier congrès, nous a dit « N’ayez pas peur. », c’est un peu ça.

Sur un plan plus personnel, se lancer dans une course à la chefferie, c’est une affaire de fou. C’est complètement fou parce que tu te mets en jeu, tu risques tout. Mais il faut qu’il y en ait qui le fassent. D’ailleurs, parfois je pense à l’issue de la course et je me dis « Ayoye. En ce moment, j’enseigne la philosophie au cégep, j’ai un poste permanent… » Je veux dire, j’adore ce que je fais, c’est fabuleux, c’est le fun, je travaille 35 heures semaine, il y a des rush, mais j’ai 2 mois de vacances par année, là ça arrivera plus jamais. Et là les gens vont me critiquer et tout ça. Mais c’est important de faire ça pour son peuple, en sachant les risques, en sachant qu’on peut s’y perdre, qu’on peut se brûler, mais que ça en aura valu la peine, tsé!

Pour finir l’entrevue en beauté, nous avons décidé de poser au candidat une question de nature projective afin de voir quel genre de réponse nous allions obtenir : nous lui avons demandé de nous dire quel genre de ligne il serait s’il en était une. Voici sa réponse :

Une ligne… Ok!

Wow, si j’étais une ligne… Si j’étais une ligne… 

Ben moi je pense qu’on est tous des lignes droites, qui allons droit au but. Je pense qu’Option nationale, c’est une ligne droite, c’est de dire « On va à l’indépendance, direct, le plus tôt possible. » Parce que j’essaie de penser aux sortes de lignes qu’il y a dans ma tête et il y en a aucune qui correspond à part la ligne droite. Une ligne en zigzague, non, une ligne courbe… Je sais pas. Je pense qu’on est 3 lignes droites en fait. Je pense que c’est une bonne chose, parce que la ligne droite, tu sais où elle s’en va et tu peux t’y fier. Et je pense que de ce point de vue-là, les 3 candidats, on était pareils.

Vous, quel genre de ligne vous seriez?

 


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