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Course à la chefferie d’Option nationale : le point de vue de Nic Payne

© Maximilien Dzikonski (Le Démagogue)

© Maximilien Dzikonski (Le Démagogue)

Après le point de vue de Sol Zanetti, voici celui de Nic Payne concernant le déroulement de la course à la chefferie d’Option nationale, qui prendra fin dans moins de deux semaines.

Comme son rival, Nic Payne considère que la course s’est bien déroulée. Il note qu’il y a eu beaucoup de participation de la part des militants pendant la course et s’en réjouit. Comme beaucoup de choses qu’on fait chez Option nationale depuis le début, on s’attend à ce que ça soit peut-être petit ou marginal, que ça ait de la misère un peu à décoller (…) et finalement non, comme tout ce qu’on fait à date, c’est toujours surprenant (…). On est allés se promener plus loin, du côté de la Gaspésie, dans le Nord, en Abitibi, et on est allés à Sherbrooke aussi, et il y a toujours beaucoup de participation, donc oui ça se passe bien, autant pour le parti que pour mon équipe à moi (…). C’est à l’image du reste, le monde est bien motivé, bien impliqué, prêt à mettre du temps dans ça et je pense pour les bonnes raisons.

Nic Payne a été le troisième des candidats (au nombre de deux depuis le désistement de Jean-Claude St-André) à se présenter dans la course. Nous lui avons demandé ce qui l’a finalement décidé à se lancer. Deux facteurs principaux sont ressortis. Il y a d’abord le fait qu’il se soit senti interpellé par l’ouverture du poste, parce que je pense que ma vision correspond à ce qu’on veut pour la suite des choses, je pense que j’ai la capacité de la faire partager par d’autres, en même temps (…), comme j’ai participé à construire le parti dès le début, je veux pouvoir veiller à ce que ça continue d’être le parti que je veux, c’est-à-dire un parti indépendantiste qui ne tombe pas dans les travers où on peut facilement tomber quand on est indépendantiste, c’est-à-dire avoir peur d’aller au bout de nos idées, se mettre à être tenté par des compromis de toutes sortes qui au fil des années n’ont jamais été bons pour nous ni pour le Québec (…). C’était là que je pouvais donner le mieux.

Et il y a finalement un côté plus concret : le fait que j’ai commencé plus tard tient beaucoup au fait que j’ai travaillé activement à la transition dès la démission de Jean-Martin Aussant et aussi d’une partie des employés de la permanence, j’ai travaillé quotidiennement pendant 35 jours là-dessus. Donc je n’ai pas eu le temps de faire une réflexion dans cette période-là. J’ai commencé à réfléchir quand les deux autres étaient à toutes fins pratiques déjà annoncés.

En ce qui concerne les conditions de validation de sa candidature, à savoir amasser 200 signatures de membres valides dans un certain nombre de régions et plus de mille dollars de financement pour le parti, c’est différent. L’argent, c’est pas difficile, parce que les gens peuvent faire ça par internet (…), tandis que les signatures, il faut vraiment aller à la rencontre des gens, les connaître, aller dans les régions, donc ça il a fallu travailler plus fort. Mais en même temps, c’est un travail qui est bénéfique pour la course, pour la candidature (…), c’était très sain ce processus-là (…). Essentiellement, c’est l’étape des signatures qui est démocratiquement intéressante dans ça.

Comment le candidat estime-t-il ses chances d’être élu? Elles sont sûrement bonnes. J’emploie ce mot neutre parce que c’est très difficile à évaluer, à mesurer (…), nous on a choisi une façon de faire campagne qui n’est pas traditionnelle, donc on ne fait pas de pointage, on n’appelle pas les gens pour savoir s’ils sont de notre côté, alors franchement c’est très difficile à mesurer, mais si je me fie seulement à ce que je rencontre sur le terrain, ma foi ça a l’air très bon. (Note de l’auteure : depuis l’entrevue, toutefois, il aurait commencé à y avoir du pointage)

Sur quoi faudra-t-il se concentrer durant les deux dernières semaines? Sur les idées (…), aller au plus clair, au plus simple dans chacune de nos idées, clarifier ce qui ne l’est pas encore, moi c’est vraiment ça, le travail que je veux faire.

Sa réaction face au désistement de Jean-Claude St-André au début du deuxième débat officiel du parti en a été une de surprise. Vraiment, c’est drastique comme geste aussi tôt dans la course (…). Je n’étais pas d’accord avec le fait d’arrêter la course parce qu’il y aurait une élection. Mais par la suite, j’ai surtout été heureux de savoir qu’il continue avec nous, parce que Jean-Claude, c’est quand même un militant indépendantiste dont je ne peux absolument pas douter ni de la volonté, ni des convictions, ni des capacités, d’ailleurs (…).

Pense-t-il que l’appui de m. St-André à Sol Zanetti l’ait désavantagé? Je serais fou de dire que ça ne change absolument rien. De toute évidence, s’il a offert son appui à Sol, c’est parce qu’il espère que d’autres en fassent autant, forcément c’est pas un geste neutre, mais je respecte ce choix-là, il a le droit de le faire, et chaque militant prendra sa propre décision par rapport à ça. Je ne peux pas dire que j’ai du ressentiment par rapport à ça.

Avant le désistement, m. Payne dit n’avoir pas eu de principal rival, jugeant que le nombre de divergeances avec chacun des autres candidats était assez égal, la principale divergeance concernant le mode d’accession à l’indépendance, sujet qui est revenu sur la table à chaque débat. Nic Payne prône un référendum le plus tôt possible, comparativement à la démarche de Sol Zanetti, pour qui, selon lui, l’indépendance c’est plus d’abord des étapes d’affirmation dans le Canada jusqu’à ensuite un geste plus décisif. Ce référendum serait un moyen d’obtenir une appui majoritaire (au sens de supérieur à 50%) pour faire l’indépendance. Mais si par exemple on est élus avec plus que 50% des voix à l’élection, bien là ça change le portrait, on n’aurait peut-être plus besoin de faire un référendum à ce moment-là. Si (…) il y a d’autres partis indépendantistes et qu’avec ON, tout ce monde-là ensemble, ça fait 53% (…), à ce moment-là, on n’est peut-être pas obligés d’en fait un.

Il y a quand même une nuance. Là, il y en a qui répondent « Ah, le référendum, c’est le Parti Québécois donc c’est pas bon. » C’est pas ça. Le problème du Parti Québécois, c’est de faire des promesses de référendum en l’air qu’ils ne mettent jamais en pratique. Il faut d’abord faire une préparation, ça prend des années avant que tu arrives au pouvoir, faire de représentations internationales, il faut préparer des stratégies, il faut faire des études. Il faut être sérieux dans ça. Et une fois que tu es au pouvoir, il faut donner au référendum un cadre juridique, un cadre légal et même un cadre politique qui va garantir qu’il va pouvoir produire un résultat tangible. Il ne faut pas que ce soit juste un sondage, il faut que ça porte sur une loi qu’il va mettre en pratique, qui va par exemple déclarer l’indépendance du Québec.

 Nous avons demandé à m. Payne ce qu’il pensait apporter de nouveau à la politique. J’apporte juste mes idées et ma façon de les amener. Je ne prétends absolument pas changer la politique. La politique, c’est une sorte de mot générique, la politique, c’est les gens qui la font (…). Moi je ne fais qu’apporter de la franchise, de la détermination, ma vision à moi. Je ne promets pas que je vais réformer la nature humaine, parce que la politique, c’est des humains, et c’est comme ça. J’espère juste permettre à la politique actuelle au Québec d’être justement plus franche et plus près du monde.

Ce que j’amène aussi, c’est la perspective de quelqu’un qui n’a jamais fait de politique dans les partis. Et je pense que ça en prend plus en politique.

Faisant référence à un des slogans de sa campagne, « Un parti fort, j’y travaille. », nous lui avons demandé ce qu’était pour lui un parti fort. C’est un parti qui se fonde sur des structures bien organisées évidemment. En fait, c’est de construire à partir d’en bas et d’aller vers le haut, commencer vers les circonscriptions, voir tout ce qui peut être fait là, ensuite se donner les structures intermédiaires, etc. Tout ça doit être fait dans un esprit à travers lequel on cultive une démocratie interne vigoureuse et dynamique. Je pense qu’à partir du moment où les préoccupations du militant sont vraiment au coeur de la démarche, on a beaucoup plus de chances de préserver l’authenticité du parti et de préserver, de garantir la solidité même, le fonctionnement même des structures. Sinon les gens se démobilisent, sont moins motivés, et retournent chez eux.

Alors un parti fort, c’est ça, c’est d’une part des structures solides et bien organisées, deuxièmement, une démocratie forte à l’intérieur du parti, et troisièmement des idées claires à promouvoir et à porter.


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Les propos tenus dans cet article n'engagent que l'auteur et ne représentent pas nécessairement l'opinion du Démagogue.

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